Ces dix photographies panoramiques, conçues comme les panneaux d’un paravent, représentent des lierres grimpant sur un mur en hiver. Apparemment morts, ils semblent pourtant encore vivants, comme suspendus dans le temps, traversant l’hiver.

La frontalité des prises de vue et l’organisation des formes évoquent certains principes de La Porte de l’Enfer d’Auguste Rodin, composition sculptée en relief sur un fond architectural. À l’image des figures de Rodin, les formes végétales demeurent liées à une surface tout en suggérant une présence volumique et tactile, dans une tension entre planéité et profondeur.

Par leurs entrelacements, leur densité et leur superposition, je cherche à faire émerger un volume tactile, comme si l’accumulation des strates végétales créait progressivement de la profondeur. Bien qu’attachées à la surface du mur, les ramifications et leurs ombres semblent s’en détacher, se chevaucher et se déployer sur plusieurs plans.

Leur agencement transforme le mur en une scène théâtrale imaginaire, où les formes végétales se superposent comme des éléments de décor. La frontalité de la composition n’efface pas la profondeur : elle la fait émerger de la surface. De cette tension entre planéité et relief naît un espace mental et onirique, où les lierres acquièrent une présence à la fois sculpturale et théâtrale.